
Livre Ouvert de Matisse Makwanda est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 2.5 Canada
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La maladie comme un message, ou comme un concept. Affaiblissement du système immunitaire, la vulnérabilité de l'être se fait sentir. Elle apparaît clairement, durement. Elle nous frappe de sa vérité inéluctable et nous subissons alors, amèrement, ses sévices.
La maladie fait mal. Ainsi elle nous permet de ressentir. Ressentir la douleur, oui, mais aussi le corps dans toute son entièreté, sa splendeur misérable mais non indigente. Donc, d'abord et avant tout, peut-être nous permet-elle un contact direct avec la Vulnérabilité première, congénitale, celle qui est à l'origine de la vie et qui entérine notre réalité.
Des êtres profondément vulnérables car profondément vrais. Même si nous demeurons en permanence empreints de cette vérité, lorsque resplendissants de santé, nous l'oublions car reléguée au stade sous-jacent de l'acquis, elle s'invisibilise.
En étant malade, notre respiration immobile se révèle, le souffle de vie engendrant tout mouvement s'épanouit ontologiquement, et c'est ce qui crée justement la fragilité. L'immobilité fondamentale, si elle en est une, est toujours dans un état précaire car rien d'autre ne la soutient, rien ne la prouve et rien ne valide son existence sauf elle-même. Elle est car elle est, tout simplement, ou aussi alambiqué que cela puisse paraître a priori.
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Mon être est malade, et aussi démuni qu'il me semble être, aussi douloureux que je puisse le sentir, je me sens près de lui comme jamais. La dualité s'amoindrit et je me centre grâce à mon ressenti. Frissons de vie. Être soi. Se sentir, comme se concentrer sur un rôle au théâtre. La piètre analogie se retrouve dépassée, surpassée !
On se joue nous-même, sans savoir que l'on se joue. Tout est clair. C'est l'évidence de vivre, sans y penser.